10/24/16

La France est plus grande qu’on le croit

Qu’est-ce que  la France ?

La France, c’est le terroir: des champs de blé, des fromages, des bons vins, une culture millénaire. Mais il y a aussi une autre France, beaucoup plus grande : la France de la mer !

Voici une proposition qui semble bien bizarre mais qui est, en effet vraie ! La surface de l’Hexagone est quelques 552 000 km² mais la France de la mer est de 11 millions de km² avec près de 18 500 km de côtes. En effet, la France possède le deuxième espace maritime après les États-Unis. Comment cela est-elle possible ?

En outre de la France hexagonale, il y a la France outre-mer : La Guadeloupe, la Guyane…mais aussi des cailloux comme les îles de Kerguelen et les îles St Paul et Nouvelle Amsterdam.  Tous ces îles ont bien sûr une mer territoriale de 12 milles nautiques (1 mn = 1852 m) qui est « la propriété » de la France. Mais elles ont aussi une zone économique  exclusive (ZEE) et un plateau continental de 200 nm (parfois 350) au-delà de la côte. Dans ces zones, la France a le droit exclusif des ressources comme la pêche, le pétrole et le gaz.

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10/10/16

Den mörknande framtid är vår…

av Lars Wedin

Nyligen hade jag, inför ett föredrag, anledning att tänka igenom dagens situation som följd av kalla kriget och omvälvningarna som följde i spåren av Murens fall. Det är slående hur dåtidens ”Eurofori” nu har ersatts av den djupaste pessimism. Faktum är att dagens situation nog är den farligaste på mycket längre. För inte så länge sedan kunde man säga att ja, dagens situation är mycket mer oförutsägbar och råddig än vad som gällde under kalla kriget. Men, vi var i alla fall inte hotade av kärnvapen. Detta gäller inte längre – kärnvapenfrågan är i högsta grad ”alive and kicking”; främst tack vare herrar Putin och Kim Yong-nam. I detta läge behövs politiskt ledarskap: i världen, i Europa och i Sverige.

Läs den spännande fortsättningen på http://kkrva.se/den-morknande-framtid-ar-var/#more-11258

 

09/2/16

The English edition is on sale!

Couv.Wedin.Anglais

09/2/16

”C’est la guerre navale !”, mais laquelle et comment ?

Voici mon projet pour le colloque d’AEGES décembre 2016

La globalisation est fortement liée à la maritimisation du monde et à sa politique. On dit souvent que la mer constitue le futur de l’homme. En même temps – ou peut-être comme conséquence – la pratique moderne de la guerre sur mer est peu courante ; on trouve donc très peu d’expérience récente. Les forces navales sont fortement sollicitées depuis la Seconde Guerre mondiale mais surtout dans leurs modes d’action virtuelle et/ou contre des adversaires sans vraie capacité navale. Exceptions : la guerre des Malouines, la guerre de Yom Kippour et la guerre en Sri Lanka contre les Tigres de la Mer du LTTE.

Les affrontements entre la Chine et ses voisins dans les mers dites de Chine ne constituent pas (encore) une guerre proprement dite.

Des acteurs sur mer se sont multipliés : de nouveaux pirates, terroristes, criminels organisés, de nouveaux Etats (décolonisation), des pavillons de complaisance, des multinationales… Ce développement est cependant moins apparent que sur terre. Le terrorisme en mer exige plus de connaissances et de moyens qu’à terre ; il est donc plus difficile à mettre en œuvre. Cela n’empêche pas des attaques comme celles contre le pétrolier français Limburg en 2002 ou contre le destroyer américain USS Cole en 2000.

La mer connaît de nouveaux enjeux : ses ressources, sa territorialisation, les contraintes écologiques, l’infrastructuration de la mer (éoliennes, plates-formes de gaz et de pétrole…). La dépendance des forces navales à l’espace et au cyberespace est aussi un nouveau facteur.

L’économie du monde dépend de transports maritimes sûrs. Les navires marchands sont beaucoup plus grands qu’auparavant et exigent une infrastructure portuaire très développée. Des programmes type Liberty de la Seconde Guerre mondiale ne sont plus possibles. L’ancien lien fort entre Etat, pavillon et équipage n’existe plus. Une guerre comme celle de l’Atlantique pendant la Seconde Guerre mondiale est-elle possible ?

Le même constat est en principe vrai pour les forces navales des grandes puissances : très chers, très sophistiqués et relativement moins nombreux, les navires seront impossibles à remplacer pendant une guerre. Leurs armes sont aussi plus sophistiquées, plus chères et donc moins nombreuses. La perte d’un porte-avions ou une grande frégate serait une catastrophe nationale. La destruction d’un sous-marin nucléaire mènerait-elle à une catastrophe écologique ?

Cependant, des marines nationales sont de toutes sortes. À part les grandes puissances, on trouve des marines modestes ou même de très petites plus ou moins modernes. Auxquelles s’ajoutent des garde-côtes plus ou moins intégrées dans les forces armées.

 

La stratégie navale théorique « classique » est toujours d’actualité dans ses grandes lignes. Cependant, tous ces nouveaux facteurs vont probablement mener à de nouvelles formes de guerres sur mer. Les grandes batailles comme celles de Midway ou de l’Atlantique sont moins probables. On pourrait cependant imaginer des formes plus restreintes et/ou plus asymétriques telles que des guerres navales « hybrides ». Cette communication va donc étudier la guerre navale moderne – ses possibilités et ses contraintes.

06/26/16

”Försvaret dubbelt upp – nu!”

Sverige har nu uppenbarligen valt att liera sig med USA. I stället för att bli en jämställd partner i Nato knyter vi oss till en stormakt vars intressen inte nödvändigtvis är våra.

Det senaste halvåret har vårt förhållande till Nato varit föremål för en intensiv och välgörande debatt. Denna har innehållit många klarlägganden och kloka synpunkter men också många konstiga eller rent av falska påståenden. Nu är i alla fall värdlandsavtalet på plats.

Det förefaller troligt att Nato kommer att öka sin närvaro i Östersjön till sjöss och i luften. Detta kommer att ställa stora krav på Marinen och Flygvapnet och framför allt kräva en klar strategi. Hur skall vi se på denna närvaro och hur skall vi agera? Vår halvallians med USA och nära förhållande till Nato – men utan att vara medlemmar – kan komma att ställa oss inför delikata situationer.

Det konstiga är att Försvarsmakten och dess förmåga inte har diskuterats tydligare. I stort sett alla vet att försvarsöverenskommelsen 2015 var underfinansierad; målet att nå den organisation som fastställdes 2009 kan inte nås. Och då är detta mål alldeles för lågt satt. För Marinen, som denna blogg handlar om är målet sju korvetter, fem ubåtar och sju minröjningsfartyg alldeles för litet. Det dubbla skulle ligga närmare sanningen. Femton korvetter fördelade till Stockholms, Karlskronas och Göteborgs skärgårdar förefaller vara en rimlig utgångsgruppering. Härtill kommer att Marinen tillsammans med luftvärnet borde bygga ett antal luftvärnsfregatter för försvar av hamnar och Gotland.

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05/16/16

La France est plus grande qu’on le croit

Qu’est-ce que  la France ?

La France, c’est le terroir: des champs de blé, des fromages, des bons vins, une culture millénaire. Mais il y a aussi une autre France, beaucoup plus grande : la France de la mer !

Voici une proposition qui semble bien bizarre mais qui est, en effet vraie ! La surface de l’Hexagone est quelques 552 000 km² mais la France de la mer est de 11 millions de km² avec près de 18 500 km de côtes. En effet, la France possède le deuxième espace maritime après les États-Unis. Comment cela est-elle possible ?

En outre de la France hexagonale, il y a la France outre-mer : La Guadeloupe, la Guyane…mais aussi des cailloux comme les îles de Kerguelen et les îles St Paul et Nouvelle Amsterdam.  Tous ces îles ont bien sûr une mer territoriale de 12 milles nautiques (1 mn = 1852 m) qui est « la propriété » de la France. Mais elles ont aussi une zone économique  exclusive (ZEE) et un plateau continental de 200 nm (parfois 350) au-delà de la côte. Dans ces zones, la France a le droit exclusif des ressources comme la pêche, le pétrole et le gaz.

En effet, la mer contient des ressources énormes encore largement inconnues. Seulement 10% des fonds de la mer sont connus. Il y a plus d’intérêt pour l’espace que pour notre propre terre ! Là, il y a un autre paradoxe : la mer couvre 71 % de la surface du monde – et on parle quand même de la terre !

Mais les ressources de la mer sont aussi menacées. Un des plus grands problèmes est la surpêche et la pêche illégales. La dégradation de l’environnement menace toute sa biosphère. Un autre problème mondial est la pollution, où les sacs en plastique forment de larges « îles » en mer avec des effets néfastes pour les poissons et autres espèces. Finalement, la mer est aussi un lieu privilégiée pour le crime organisé. Comme la France est « propriétaire » d’une large partie de la mer, cela lui donne aussi une grande responsabilité.

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04/16/16

Debatten om Nato och den mörknande framtiden

 

Under hela det kalla kriget och långt in i efterkrigstiden har ”tystnad och konformism” gällt när det gäller vår säkerhetspolitik. Men nu har tystnaden brutits rejält. Detta är bra.

 

Nato-medlem, allianslös eller Rysslandspartner

 

Men, skapar inte denna debatt osäkerhet om vår säkerhetspolitik?  För det första är den knappast kristallklar, för det andra vet Ryssland mycket väl att vi har fört en västvänlig politik sedan andra världskriget – möjligen med undantag för de värsta Palme-åren. För det tredje ger debatten Ryssland möjlighet att injicera sin propaganda och desinformation.

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03/17/16

Fantastisk recension i Revue Conflits!

Stratégies maritimes au XXIe siècle. L’apport de l’amiral Castex

 

Ce n’est certes pas le reproche que l’on pourra faire au livre du commandant Wedin, préfacé par Martin Motte. Il se montre particulièrement sensible aux réalités et aux contraintes de la stratégie navale – ce que son illustre modèle appelait les « servitudes » de toute pensée et exécution stratégique. Sans doute parce qu’il est officier de marine, et à ce titre connaît les vicissitudes de la vie et des déplacements en mer.

Stratégies maritimes au XXIe siècle. L’apport de l’amiral Castex

Stratégies maritimes au XXIe siècle. L’apport de l’amiral Castex

Le premier mérite de cet ouvrage très accessible par son format (200 pages) et son écriture est de permettre à ceux qui auraient quelques lacunes sur la pensée stratégique liée à la mer de se mettre à jour en peu de mots, car l’auteur commence par replacer Castex dans le continuum de la réflexion navale. Castex, sauvé de l’oubli dans son propre pays par le professeur Coutau-Bégarie, se situe en effet à une charnière : il entre à l’École navale quand paraissent les écrits essentiels de Mahan et termine sa vie au moment où la mise en place de la dissuasion nucléaire donne à la Marine, pour la première fois dans l’histoire de France, un rôle éminent dans la défense de la souveraineté du pays. Il connut donc les bouleversements successifs de la torpille et du sous-marin, l’entrée dans l’ère aéronavale et enfin dans l’ère atomique, tout en ayant participé à deux guerres mondiales (surtout à la première de façon active) et fondé l’Institut des Hautes Études de Défense nationale. Une belle carrière…

Lars Wedin ne dissimule pas les hésitations et les évolutions de la pensée de Castex durant les décennies que dure la rédaction de ses Réflexions stratégiques – pas totalement achevées au demeurant. Mais il en tire une synthèse limpide qui permet de comprendre ce que Castex a de profondément original et d’actuel. Par son approche globale, puisqu’il s’intéresse à la « stratégie générale », englobant tous les aspects de l’action de l’État, par le concept de « servitudes », qui désignent les contraintes et les liens qui unissent les différentes branches de la stratégie et naissent de leurs interactions, ou encore par celui de « perturbateur », cet élément qui remet en question les positions établies – toute puissance étant, par nature, plutôt conservatrice –, Castex a fourni une « boîte à outils » qui permet de dépasser ce que sa réflexion a de daté et de la projeter dans notre présent.

C’est ce que fait Wedin dans la seconde partie de son ouvrage, en proposant une analyse approfondie des articulations entre les différentes composantes de la stratégie. Cette partie est particulièrement utile pour envisager notre avenir dont l’auteur souligne qu’il sera de plus en plus commandé par la mer. Après la « maritimisation » des économies proposée par Vigarié, après la « territorialisation » de la mer qui désigne la volonté d’appropriation des espaces océaniques par les États, Wedin relève l’inexorable « infrastructuration » des espaces maritimes dont l’exploitation des ressources passera par une occupation de plus en plus permanente : plates-formes (pour les hydrocarbures aujourd’hui, pour les minerais demain ?), champs d’éoliennes, installations liées à la navigation ou à l’intervention militaire… Sans parler des projets de villes en mer ou sous la mer qui fascinent depuis longtemps les architectes de pays aux possibilités territoriales limitées.

Tout ce que vous avez toujours voulu savoir sur la stratégie sans oser le demander ou sans espérer le trouver sous une forme aussi condensée !

02/21/16

The sea as a strategic domain

Résumé

Det 21 århundradet är havets sekel. Världsekonomin är direkt beroende av sjötransporterna; 80-90 % av alla varor, beroende på hur man räknar, transporteras till sjöss. Från havet kommer en allt större del av de resurser som människor behöver: fisk, energi, viktiga metaller och andra råvaror. Havet spelar också en avgörande roll för klimatet. Konkurrensen om dessa resurser driver fram konflikter och gör att rörelsefriheten till sjöss hotas, vilket i sig är konfliktdrivande. Havet är också en idealisk transportväg för illegala produkter. Utöver smuggling hotas verksamheten till sjöss av pirater och terrorister samt av all annan, ”normal” brottslighet. Det illegala fisket är omfattande och medför svåra konsekvenser. Allt detta gör att statens maritima förmåga blir allt viktigare. Härtill kommer de ”normala” marina uppgifterna: diplomati, avskräckning, skydd och maktprojektion.

 

The 21st century is a maritime century. The sea is more important than ever for global and local transports, for its resources, for its vital importance on our climate, and because of its illegal use by organised crime including pirates and terrorists. Consequently, maritime strategy is also more essential than ever. Discussions on maritime strategy, however, do not too often discuss the object of maritime strategy, the sea. This is the aim of the present article.

The article is a somewhat adapted version of a chapter in my book Stratégies maritimes au xxiè siècle. L’apport de l’amiral Castex, Nuvis Paris 2015 now undergoing translation into English. I would greatly appreciate any comments that could ameliorate the text (to lars@wedinstrateg.fr)!

What is the sea?

‘How inappropriate to call this planet Earth when it is quite clearly Ocean’[1]

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02/3/16

Réponse à Matthieu Chillaud

 

Re: http://l.facebook.com/l/zAQHOPmVv/www.dailymail.co.uk/news/article-3424694/What-Britain-brink-nuclear-apocalypse-Film-makers-given-access-secret-war-game-involving-imminent-Russian-attack-London-brass-decide-NOT-retaliate.html

Pour commencer, il y a plusieurs éléments :

  1. La situation Russe dans la Baltique n’est pas favorable : une enclave (St Pétersbourg) et une exclave (Kaliningrad) et entre les deux, des pays membres de l’OTAN. Il y aurait plusieurs façons de changer cette situation pour le mieux mais la Russie a plutôt choisi le revanchisme.
  2. Rappelons que les pays Baltes avaient le droit de choisir de devenir des membres de l’OTAN (La Charte de Paris pour une nouvelle Europe, p. 4 : « Dans ce contexte, nous reconnaissons pleinement aux Etats la liberté de choisir leurs propres arrangements en matière de sécurité. »). Un non  de la parte de l’OTAN aurait signifié qu’on avait laissé ces pays dans la sphère d’intérêt de la Russie ; option impossible).
  3. Les pays Baltes ont une profondeur stratégique extrêmement faible. En cas d’attaque russe (on ne discute pas la probabilité) l’OTAN a besoin de réagir très vite ; si non, il serait trop tard. Dans ce cas, l’OTAN aurait à choisir entre l’abandon ou une escalade vers une guerre généralisée OTAN – la Russie.
  4. Afin de renforcer un pays Balte, l’OTAN a besoin de transférer le territoire suédois  – la route plus au sud est directement menacé par les missiles sol-air modernes à Kaliningrad.
  5. Pour contrer cette situation, il est probable que la Russie utilise une stratégie dite A2/AD en prenant les îles Åland, Gotland et Bornholm. Surtout le Gotland lui donnerait la possibilité d’une maîtrise mer – air dans presque la totalité de la Mer Baltique. Les routes vers les pays Baltes seraient effectivement bloquées.  (Il y a bien sûr des autres possibilités d’action Russe.) Il faut signaler que la défense gotlandaise est très faible et que la Suède n’est pas membre de l’OTAN.
  6. Dans ce cas, l’OTAN a le choix entre l’abandon ou la stratégie américain dite all domain access. Le résultat en sera une escalade importante.
  7. La situation pour les Anglais après la perte de HMS Ocean est très difficile. Ils n’ont plus des armes nucléaires sous-stratégiques et ont donc à choisir vers une escalade vers un échange nucléaire stratégique ou abandonner. Je comprends que dans ce film ils ont choisi la dernière action. Ce qu’en soit réduit l’effet dissuasif des armes nucléaires britanniques.
  8. Cette situation montre bien l’importance pour la France de garder sa capacité sous-stratégique avec l’ASMP ou un successeur. (Voir mon article dans RDN No 782 été 2015).
  9. La situation est comme une image de miroir de la crise de Cuba sauf le fait triste que cette fois, le jeu se fait toute près de la Russie.